Marquises_Hiva Oa_Jacques Brel_hommage_photos

EtoileDeLune
nathalie & dominique cathala
Wed 8 Sep 2010 23:04
Bonjour,

En montant au cimetière d'Atuona, je ramasse trois fleurs d'hibiscus afin de les offrir à Jacques Brel. Là, haut, sur les hauteurs d'Atuona, sous l'édige du Mont Temetiu, sa tombe est entourée de jeunes palmiers, c'est la seule sépulture qui a droit à tous les égards. Celle de Gauguin, à quelques pas de là, semble quelque peu abandonnée. Il faut dire, que Jacques Brel, surnommé "Foufou" par les insulaires laisse de merveilleux souvenirs dans toutes les têtes. Les gens qui l'ont connu sur l'île, ne sont plus de ce monde, mais leur descendance en parle avec respect et émotion. Il suffit de visiter le petit musée qui lui est dédié pour s'en rendre compte.

Un pan de mur entier est recouvert de dessins d'enfants. Ils représentent l'avion de Brel, baptisé Jojo. Celui-ci a failli se perdre, abandonné, à Tahiti, à la rouille et aux affres du climat tropical destructeur. Il revint sur l'île via le paquebot "l'Aranui" en 1995. Quelques passionnés décidèrent de le sauver. Il a fallu beaucoup de détermination pour restaurer ce coucou! Mère Rose, elle-même soutint ce projet de réhabilitation, encourageant tous ceux qui se lancèrent à corps perdu dans l'entreprise. Grâce à la contribution de la Société Dassault Aviation et une équipe de sept férus, Jojo trône aujourd'hui dans le musée. Celui-ci a été inauguré le 3 octobre 2003.

Cet hommage est amplement mérité. Personne, ici, n'a oublié que le chanteur soutint une foule de projets pour sortir l'île de son éloignement. Outre le pont aérien qu'il maintenait afin d'amener le courrier, des médicaments et des livres sur l'île, il fit en sorte qu'un dentiste vienne régulièrement. Brel instaura également des séances de cinémas. Ses projecteurs, sont mis en évidence à l'entrée du musée. Ils permirent aux insulaires de s'ouvrir sur le monde. Cette tradition se perpétue, jeudi et vendredi, un festival du film océanien (Fifo) a eu lieu à Atuona. La commune laisse l'entrée libre et cela donne l'occasion de voir de très beaux reportages sur les îles du Pacifique. Nous avons visionné, entre autre, un reportage qui reçut le prix du film océan, sur l'île de Taku au Nord Est de la Papouasie-Nouvelle Guinée, celle-ci est submergée par la montée des eaux due au réchauffement de la planète. Un désastre humain et culturel, car les habitants voient leur île se rapetisser. Ils vont devoir être relogés, ailleurs, là où leurs traditions sont étrangères. Je me demande quelle aurait été la réaction de Jacques Brel devant ce reportage? Lui qui détestait l'injustice et la bêtise humaine...

On ne peut en quelques mots retracer la vie de Jacques Brel. Il est impossible de donner à ce message toute la dimension de cet homme. Le musée Jacques Brel de Hiva Oa est petit, tout petit. Il tient dans un hangar. Il est à l'aune des moyens de cette île perdue au milieu du Pacifique. Mais, il s'en dégage une vraie, une chaude sincérité qui touche le plus profond de l'âme. Celui qui n'a pas connu le chanteur ou qui n'en était pas proche, ne peut qu'en sortir ému, très ému!

A plus, pour d'autres nouvelles, (selon fonctionnement hautement aléatoire des connexions internet en Polynésie française)
Nat et Dom
www.etoiledelune.net

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