Galapagos_Isabela_Population et art de vivre_Photos_161

EtoileDeLune
nathalie & dominique cathala
Mon 12 Apr 2010 19:20
Objet : voici un tableau général de la population et de l'évolution d'Isabela

Photos :
Livraisons par cargo, transfert en barque, chargement sur le quai et acheminement en camionnettes.
Fani, la gentille dame du "post office"
Bomba et Critu  à la source d'eau publique
Scènes de village, transport des marchandises...
Sortie de messe
Première élection des Miss de l'histoire d'Isabela

Bonjour,

Je vous ai tant parlé de la faune que j'en oubliais presque de vous raconter le quotidien de l'île. Aujourd'hui, je répare cette lacune.

La place d'Isabela dans l'archipel.


Isabela, à l'extrême ouest de l'archipel, est la plus grande des îles en superficie et l'une des moins peuplées des quatre îles habitées. Sur les 30 000 habitants de l'archipel, 2500 vivent sur Isabela en 2010.
La densité de population augmente régulièrement.
En 1950, l'archipel comptait 1340 habitants.
En 1970, la population des Galapagos dénombrait 4000 habitants, tandis qu'en 2001, ils passaient à plus de 18 000. Dans le même temps, les Galapagos attirèrent chaque année plus de touristes. En 1970, 4000 visiteurs débarquèrent sur l'archipel, en 2001, le nombre fut multiplié par 20, avec  77 000 touristes et la fréquentation doubla en 2006 avec 145 000 vacanciers.

Le tourisme aux Galapagos

En 2010, les soubresauts économiques mondiaux ralentissent l'activité touristique aux Galapagos. Ce qui fait dire aux locaux auxquels on demande si nous sommes en basse ou haute saison :
« We are in the crisis season.»

Les deux îles les plus affectées par le tourisme sont San Cristobal et Santa Cruz. Néanmoins, l'archipel qui affiche toutes les caractéristiques requises pour devenir un second "Virgin Island" lutte pour maintenir un tourisme acceptable. En effet, l'archipel fait d'îles et d'ilots est baigné d'un climat propice à la navigation tranquille (nonobstant la houle permanente). Des bases nautiques pourraient être tentées de s'y installer. Pour le moment et de plus en plus, les autorités empêchent ce développement qui serait nuisible à la faune et à la flore endémique.

L'archipel tente de garder une étiquette de « tourisme vert» :
- La capacité hôtelière est réduite. Il n'est pas permis aux gros complexes de s'y tailler la part de lion. Les infrastructures restent « familiales ».
- Les casinos ne peuvent s'y implanter.
- Certaines îles ne sont pas accessibles pour les touristes et les habitants. La nature seule y est maître, et seuls quelques scientifiques autorisés peuvent y faire de brèves incursions.
- Le tourisme « de masse» est cantonné à deux îles principales avec une extension contenue sur Isabela et Floreana.
- Des règles strictes sont édictées afin de canaliser le comportement des touristes. Le but est de limiter au maximum l'invasion d'espèces indésirables qui détruisent l'écosystème. Il tend aussi à éduquer les visiteurs afin qu'ils ne détruisent pas, par inconscience ou négligence, la richesse de cet environnement particulier.

Ainsi, le tourisme n'est pas très développé sur Isabela. Les plages sont désertes. Nous sommes restés des heures seuls sur les chemins de randonnée. Isabela garde encore une ambiance recluse. Mais le « gouvernement municipal» affiche ses intentions de croissance. Les initiatives pour donner vie au village pleuvent. Cette année au mois d'avril, l'effervescence était à son comble et vit la première élection des miss de l'histoire d'Isabela. De grands événements qui vont dans le ses du mot d'ordre inscrit partout sur tous les bancs de la ville : « Isabela Crece por ti». Autre adage sculpté dans les pierres :  « Le futur et le présent dépendent de nous.»

Le quotidien d'Isabela

Les semaines de l'île sont rythmées par l'arrivage du cargo qui ravitaille l'île. Il y a peu de temps encore, cet arrivage ne s'effectuait que deux fois par mois. A présent, chaque dimanche, l'île peut compter sur un approvisionnement qui tente de s'élargir avec le temps. Ce jour là, tous les bras forts de l'île travaillent à l'unisson.

Il n'existe aucun quai où les cargos et les tankers puissent s'amarrer. Si le gasoil est livré « à l'ancienne», il en est de même pour tout produit manufacturé qui se trouve sur l'île : matelas, voitures, cuisinières, télévision. Chaque dimanche, le mouillage est le théâtre d'une chorégraphie unique mettant en scène toutes les barques motorisées de l'île afin d'acheminer à terre, les produits de consommation. Lorsque la houle du Pacifique est forte, ce ballet s'apparente à un spectacle d'acrobatie où les marchandises virevoltent du cargo vers les barques qui surfent jusqu'au quai où les marins jonglent plus qu'ils ne débarquent les victuailles qui trouvent un acheminement à travers le village sur tout ce qui roule : voitures, camionnettes, vélos, tricycles à charrettes...

Il faut assister à la livraison du diesel!

Un tanker s'installe, dans la houle permanente, dans l'aire de mouillage réservée aux gros tonnages. Une barge, tirée par une barque en fibre munie de moteurs de 75 chevaux, trimbale une citerne de 12000 litres. Ce harnachement laborieux effectue des dizaines d'allers-retours entre le port de pêche, où la citerne est déversée dans un camion, et le tanker. Le plein de gasoil et d'essence pour l'île prend 2 jours et demi. A certains moments, les habitants se réservent le droit de ne pas livrer les étrangers pour privilégier la consommation locale.

Question confort domestique, malgré le pont maritime hebdomadaire, les habitants doivent encore se suffire du nécessaire. Les denrées de base sont livrées, quant au superflu et au vaste choix, ils ne sont pas de mise. Ils en sont encore à attendre le ciment, les tuyauteries, et divers matériels pour finir leur maison. Ainsi, souvent les demeures affichent un cachet temporairement inachevé à long terme.

L'électricité est généralisée et provient d'une centrale alimentée au diesel.

Depuis quelques années, une station d'épuration de l'eau a été installée. L'eau de pluie, qui s'achemine par les nombreux cours d'eau souterrains, est recueillie et traitée pour une consommation sécurisée. Willermot avec qui nous avons fait connaissance et qui habite depuis 28 ans sur l'île nous confiait que c'était une réelle avancée. Avant, l'eau était boueuse et parfois impropre à la consommation. Aujourd'hui, toutes les maisons ne disposent pas de l'eau courante. La corvée d'eau existe encore. Mais, les habitants sont certains de pouvoir la consommer sans crainte de maladies.

Dimanche, sortie de messe.

Le dimanche est aussi jour de messe. Les habitants semblent particulièrement croyants. A Pâques, ils disposent devant leur maison (et même devant la Police municipale) des tables drapées de blanc où est exposée une reproduction du Christ en pleine souffrance. Les bougies finissent la décoration. A la sortie de la messe, les femmes endimanchées sont tout sourire, les mains chargées de bouquets de fleurs et l'âme allégée...  

Isabela, timidement,  entre dans l'aire du mercantile.

L'atmosphère ambiante est très calme. Les grandes allées de sable bordées de maisons, en attente de matériel, ne s'abandonnent jamais aux grandes effusions. La population est discrète, presque timide, mais cordiale. Ils vivent tous comme une grande famille. Cette ambiance solidaire se ressent si bien, que plusieurs fois, j'ai eu la sensation de pénétrer dans une intimité dense, presque sauvage. Willermot nous confirmait ce trait de caractère. Il disait qu'aujourd'hui encore, lorsqu'un villageois avait un problème de santé et qu'il devait être transféré pour soins sur le continent, la population se cotisait pour l'aider à faire face aux dépenses.

Willermot disait aussi que malgré cette subsistance de solidarité, digne des plus anciens villages, il ressentait les changements dus aux apports externes. Il y a vingt ans, l'argent circulait peu entre les membres de la communauté. La vie était faite d'échanges. Une compétence contre un régime de bananes. Un lot de papayes contre un service. Aujourd'hui, les rapports sont plus commerciaux. 

Nous approchons de la fin du séjour,
Nous avons profité pleinement de toutes les richesses de l'île.
"Notre" Caroline, juste à côté de moi pendant que je vous écris, n'est pas là pour me contredire!

Avant de partir, je vous envoie également une fiche pratique sur Isabela et l'archipel, plus tard, un document complet sera mis à disposition en format PDF téléchargeable sur le site internet
www.etoiledelune.net ainsi que sur les carnets du réseau du capitaine

Amitiés marines
Nat et Dom
www.etoiledelune.fr/blog

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