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Date: 01 Apr 2010 23:22:06
Title: Galapagos_Isabela_volcan sierra negra_photos_151

Objet : nous vous emmenons pour une randonnée de 6 heures à 1500 mètres d'altitude flirter avec les entrailles de la Terre.

Photos :
Plans de la caldera
Vues d'ensemble de la deuxième plus grande caldera du monde
Chemin à flan de cratère
Végétation tropicale
Désertification causée par les éruptions successives de 1979 et 2005
El volcano Chico, ses couleurs uniques, son sommet

Bonjour,

Nous avons rendez-vous à 7 heures du matin avec Fabricio qui nous a organisé une excursion (devrais-je dire expédition?) au volcan.

Dès le petit matin, nous levons le nez vers la Sierra Negra. Depuis que nous sommes arrivés à Isabela, nous le lorgnon du coin de l'oeil. Mais jamais, il ne s'est encore dévoilé, emmitouflant son sommet dans d'épaisses couches de nuages. Ce matin, ô miracle(!) le volcan se montre vierge de toute nébulosité. Nous embarquons à bord de la grosse barque de Fabricio qui se fraye un chemin au travers des rochers affleurant à marée basse. Il tente, en chemin de calmer nos illusions. Il nous dit que nous devons nous dépêcher, le volcan ne restera pas dégagé toute la journée.

Nous grimpons dans le taxi d'Edouardo. Willermo, notre guide nous a rejoints. Nous sommes 3 couples à faire l'ascension du volcan. En chemin, nous trouvons quelques champs de papayes, de bananiers et "d'arbres à tomates". Nous avons quitté la végétation sèche des rives et cheminons dans une forêt grouillante de vie. Les chants d'oiseaux saluent notre passage. L'air se rafraîchit. Des arbres étranges longent le parcours. L'humidité omniprésente a accroché des filets de mousses aux branches. Je les nomme les "arbres d'Halloween, tant ils sont patibulaires.

Au rythme de la montée, la route se dégrade. Les pluies incessantes de ces dernières semaines ont creusé des ornières profondes. Notre taxi est loin d'avoir l'allure d'un tout-terrain, et pourtant, il passe au travers des excavations profondes... Mon pauvre capitaine ressent chaque secousse dans ses vertèbres!

Courage! Le voyage vaut la peine!

Les îles Galapagos sont des enfants du feu. Elles sont relativement jeunes, et jaillirent des entrailles de la terre il y a 5 millions d'années. Au contact de l'océan, le magma se refroidit et se figea pour engendrer 13 îles majeures et une centaines d'îlots et de rochers. Les îles dérivèrent pour se retrouver au confluent de quatre courants océaniques dominants. Le plus connu d'entre eux est le courant de Humbolt, courant froid qui permet la subsistance d'espèces subantarctiques à une latitude équatoriale.

Isabela compte 6 volcans actifs.  La Sierra Negra est le dernier volcan à être entré en éruption. A partir du 22 octobre 2005 et pendant 10 jours, le volcan ne cessa de cracher ses pierres en fusion. Le village fut évacué, mais la population ne courut aucun risque. Les rivières de lave se cantonnèrent à la caldera et aucune coulée ne dévala les pentes du volcan. Cette activité particulièrement bien canalisée attira nombre de scientifiques ainsi que des équipes de télévision. Un des reportages de l'émission "Découverte" diffusée par Radio Canada fut tourné pendant l'éruption. (voir photos tirée du film)

Le taxi nous dépose au mirador El Mango. De là, deux sentiers partent à l'assaut du cratère. L'un par le versant ouest, l'autre par le versant est. Nous empruntons ce dernier. Le guide nous avise que nous parcourons 8 km autour de la caldera, puis qu'il nous restera 5 kilomètres pour atteindre le sommet de Volcano Chico... Nous sommes plein d'entrain! Et surtout nous ne réalisons pas qu'après ces premiers 13 kilomètres accomplis, nous aurons à rebrousser chemin! Le ciel reste au beau fixe. J'envoie des prières au Dieu Azur, tandis que Willermo brandit son parapluie. Il voit dans ce ciel limpide les prémices de nuages qui apporteront la pluie avant 10 heures du matin.

En route, toute la troupe!
Le volcan est à nous!

La randonnée autour de la caldéra est spectaculaire. L'air cristallin à 1500 mètres d'altitude nous permet d'embrasser un cercle immense de 40 km de diamètres. Le champ de lave n'est pas uniforme. La moitié du cratère est colonisée par la végétation qui  n'a pas été affectée par l'éruption de 2005. La partie sous nos pieds, révèle les nouvelles formations de magma. C'est une succession de vagues de roches figées. Willermo nous raconte comme le spectacle était beau en ce mois d'octobre. Il emmenait des visiteurs de nuit afin d'en apprécier toute la magie des couleurs émises par la roche en fusion. Quel spectacle unique! Nous revivons au travers de ses récits, la chaleur dégagée par 1100 degrés Celcius. Nous voyons nettement le cheminement de la lave ainsi que l'empreinte des rivières en fusion qui coulèrent, là ... directement sous nos pieds! Ce cratère est le berceau de la vie engendré par le feu. C'est extraordinaire!

Le volcan est sous haute surveillance, car il n'a pas dit son dernier mot. Sous la pression magmatique croissante, le sol du cratère pousse de 4 centimètres par an. Un jour, le bouchon qui recouvre le cratère sautera, entièrement... Ainsi, notre randonnée s'apparente à du funambulisme sur un bouchon de bouteille de champagne secouée et bien frappée!

La végétation du flan sud du volcan n'a pas souffert, nous nous frayons un chemin au travers des fougères et des arbustes qui accueillent une foule de passereaux chanteurs et d'abeilles noires. Nous ne voyons pas passer les 8 kilomètres. Nous prenons un repos de quelques minutes sous l'un des grands arbres qui a résisté aux chaleurs volcaniques. Puis nous attaquons l'ascension du Volcano Chico...

Changement de décor drastique. Nous passons d'une végétation dense et volubile à un désert de pierres où quelques cactus défient la sécheresse. Le vert a disparu, mais toutes les couleurs de la palette se réveillent. Nous avons la sensation d'avoir quitté la Terre, pour rejoindre une autre planète. Nous sommes au royaume de la roche-artiste qui se pare des carnations les plus excentriques. Une oeuvre de sculptures spontanées où tunnels, excavations, corniches, sommets se mélangent dans la plus pure essence de la beauté.

Le ciel, malgré toutes les mises en garde reste bleu. Heureusement, car les chemins que nous empruntons pour le retour, se révèlent dangereusement glissant même par temps sec. Il est 15 heures passées quand nous rejoignons le camp de base. Nous marchons depuis 8 heures du matin. La fatigue accumulée en 26 kilomètres d'une marche soutenue est effacée par toutes les images que nous accumulons dans notre boîte à souvenirs.

Cette escale bouleverse notre vision du monde...
A bientôt, pour vous raconter d'autres découvertes de cet archipel vraiment unique!
Nat et Dom
www.etoiledeleune.fr/blog

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