Bonjour,
Depuis deux jours, nous retournons tous à l'école et je vous parle des
beaux... et des "moins beaux" côtés de la réalité nivane. Les enfants ne
sont pas figés dans leurs uniformes d'écolier, vous vous en doutez. Mais
que font-ils après l'école ?
Une chose est certaine, ils trouvent à s'occuper.
Et personne ne s'ennuie
Parlons de ma petite copine, Alice, du village de Waterfall, à
Pentecôte. Je la rencontre pour la première fois sur la plage, avec son
petit frère et ses soeurs. Les enfants inventent des jeux de lancer de
cailloux ou de galets sur la plage, juste à la frange d'écume que forme
la mer calme. Ils courent sur la plage, ou devisent et chantent à
l'ombre d'arbres séculaires. Une vie simple d'enfants heureux. On les
voit rire, beaucoup rire! Ils sont timides, avec leur nez qui coule,
leurs mains qu'ils mettent devant la bouche et les yeux qui plissent de
malice.
Tandis que je les observe, je me demande ce qui leur manque...
Et je repense à notre Escale au Panama
J'avais été surprise aux San Blas de voir beaucoup d'objets en
plastiques. La majorité des logis sont encore faits de matières
végétales, telles que le bambou, le pandanus, le palmier, et toutes
sortes de bois, tout comme ici. Mais les Indiens kuna sont envahis par
le plastique. Les enfants reçoivent de la famille qui travaille à Panama
City les jouets conçus dans les pays asiatiques et inventés par le monde
moderne. On trouve à côté des huttes, des jambes, des corps, des têtes
de poupées, des voitures en ferraille... Et la gestion des déchets ne
fait pas partie de leurs moeurs. Il y a peu de temps, ils en étaient aux
détritus végétaux, qu'ils balançaient à la mer. Quelle pitié lorsque
nous assistions au même traitement pour tous ces objets non dégradables!
Si je vous parle des Indiens Kuna dans ce sujet, ce n'est pas pour vous
perdre... Mais plutôt pour bien vous faire comprendre tout le plaisir
que nous avons eu, à voir des villages, des chemins, des îles entières
complètement préservées de ce tableau d'immondices "modernes".
Les enfants en sont-ils plus malheureux?
Je ne le pense pas. Ils tissent des sacs en fibres, ils aident leurs
parents à nourrir les cochons, les poules, et tout le bétail qui servira
à nourrir la famille. Loin d'une corvée, cela fait partie de leur vie,
et on les voit chanter, rire, et s'amuser en participant à ces tâches.
Le seul jouet que nous ayons vu est celui d'un gosse ingénieux, qui
avait taillé une longue branche au bout de laquelle il avait fixé une
roue avec des fibres de coco. Il courait en poussant sa roue.
Lorsqu'une envie de friandise leur monte aux papilles, ils escaladent un
papayé ou tout autre arbre dont ils descendent de délicieux, et juteux
fruits!
Le soir à la lumière de lampes à pétrole, ou du feu allumé dans la cour,
les mamans et les papas enseignent à leurs enfants les chants et les
danses d'autrefois. Les enfants ont tissé leur propre costume. Ils ont
coupé les bambous et disposé des pierres au sol. Ils tapent sur la
pierre à l'aide du bambou et cela donne un bruit de percussion qui
lorsque toute la famille s'y met en rythme donne une bien agréable
musique sous les étoiles qui ne sont pas gênées de briller dans un
firmament tout noir. Aucune pollution lumineuse, pas un bruit, la vie...
Telle qu'elle se passe dans les îles préservées du Pacifique.
A plus,
Nat et Dom
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