Quelques aspects de l'atoll de Ahe

BRAINWAVE
Nicolas
Mon 29 May 2023 21:57

pos : 15:48.205 S 146:09.163 W (les Tuamotu / atoll Toau, anse Amyot)

 

Nous avons passé trois nuits sur l’atoll de Ahe et autant de journées. Voici quelques petites impressions.

La principale activité économique de l’île est la culture perlière. L’île abrite de nombreuses petites entreprises familiales de culture de perle. Nous avons visité l’une d’elle, une heure après notre arrivée sur l’île. Le père et le fils ont chacun une concession. Ils les exploitent en commun. Si la culture de la perle recèle encore de nombreux mystères pour nous, nous avons compris une partie de l’essentiel. Le travail le plus spécifique se réalise dans une cabane construite sur un petit ponton de bois, au-dessus du lagon. C’est là que se greffent les perles. Il s’agit, dans un travail segmenté, un peu comme les premières usines à la chaîne de Ford, en mode perlière. Un premier employé apporte des huitres à la cabane. Un second entre-ouvre chaque huître à l’aide d’une pince spéciale et insère une petite cale en bois pour que l’huitre ne se referme pas. Il doit bien veiller à ne pas endommager l’huître, en particulier son muscle. 4 places de travail sont dévolues à cette activité. L’huître passe ensuite dans les mains du greffeur. C’est une profession de spécialistes. Il s’agit de couper un bout de la chair de l’huître pour en entourer une boule de plastique puis insérer le tout dans le muscle du mollusque, ce sans trop le blesser. 4 autre postes de travail sont consacré à cette greffe. Cette délicate opération exécutée, l’huître amenée à terre et introduite puis attachée dans un grand tube de grillage en plastic dur, avec ses congénères, de telle sorte qu’elles ne se gênent pas. Chaque tube est fermé pour éviter les prédateurs et mis dans le lagon pour 18 mois avec une bouée pour la marquer. Les tubes sont mis les uns à côté des autres, espacés de 5 à 10 mètres, sous forme de longues rangées en arc de cercle. De temps à autre les tubes sont nettoyés des algues qui y élisent domicile. Après 18 mois, le tube est repêché, les huîtres détachées et ouvertes et les perles nettoyées avant d’être triées et proposées à la vente. L’exploitation que nous avons visitée réalise 250'000 perles par an. Un vrai job.

Ahe c’est aussi le village de Tenukupara devant lequel nous avons passé une nuit à l’ancre, à couple avec A Plus 2. Il s’articule autour de la rue principale et de ses deux perpendiculaires en béton et compte notamment une école, une mairie, deux épiceries, un terrain de football en format réduit, un quai pour le transfert des marchandises, et 20 à 30 maisons. 400 personnes vivent sur l’atoll. Le réseau routier est modeste, mais nous avons décompté une petite vingtaine de véhicules. Pourquoi faire ? Mystère, sous réserve de l’égo de leurs propriétaires. Devant la mairie sont parqués les deux véhicules rouges du responsable des interventions. Une bonne moitié des maisons sont peu ou pas entretenues. D’autres sont toutes récentes, construites sur des pilotis. Le jardin est parfois bien entretenu, souvent laissé à lui-même. Les crabes sont largement plus nombreux que les habitants. Ils creusent leur trou dans tous les jardins ou presque. Chaque maison est en revanche équipée de son système de collecte de l’eau de pluie et de stockage dans de grandes citernes en plastique noir ou gris. Le bruit de la mer et du ressac résonne dans tout le village, de jour comme de nuit. L’ambiance est toutefois sensiblement moins joyeuse et gaie que dans les Marquises, les parcelles et les espaces publiques très nettement moins bien entretenus et nettoyés. Certains habitants semblent cultiver une grande passion pour le rhum, ce qui nous a attristés.

Ahe c’est enfin de snorkeling. Nous avons pleinement profité de voire de nombreux poissons. Il y a d’abord ceux qui tournaient autour du bateau à l’ancre, poissons chat et petits requins. L’un et l’autre sont peu sympathiques. Les poissons chat sont venus grignoter Nicolas lorsqu’il dégageait l’ancre de Liberty. Les requins sont toujours restés à distance, faisant semblant de nous ignorer. Il y avait ensuite vers les patates de corail les plus proches de jolis petits poissons bleu roi, parfois bleu un peu plus clair, des poissons de forme ronde jaune avec tête et queue noires et quelques autres poissons. Tous se faufilent autour et/ou au travers de la patate de corail dans une scénographie souple et colorée. Le lagon s’est toutefois montré beaucoup plus généreux dans les grandes sorties réalisées autour de grosses patates de corail plus éloignées, découvertes à marée basse, au large dans le lagon, à des lieux où la profondeur est normalement de 40 mètres. Des bancs de quelques dizaines de poissons bleus allongés, jaune grand comme de belles perches, noirs, ovales zébrés blanc et noir, même une gracieuse tortue de mer a gratifié nos rétines. Le spectacle était féérique et nous en avons bien profité au cours de deux parties de snorkeling successives.

 

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